Pulvériser les principaux arguments anti-RIC

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Objection n°5 : Le pouvoir de l’argent influencerait les décisions prises par RIC

Aux USA on dépense parfois beaucoup pour RIC mais c’est également le cas pour les campagnes électorales des partis, l’élection du président et pour le lobbying sur les élus et hauts fonctionnaires.

Et le pouvoir de l’argent en démocratie directe est toujours moindre que dans un système purement représentatif car il faudrait acheter trop de monde et il serait impossible de le faire en toute discrétion… C’est pourquoi le RIC devrait être en tête des revendications d’Anticor, c’est le meilleur outil contre la corruption !

Les études menées en 1999 aux Etats-Unis par Elisabeth Gerber (sur 168 initiatives dans 8 Etats) montrent que les initiatives soutenues principalement par des citoyens individuels ont plus de chances d’être adoptées que celles soutenues principalement par des groupes d’intérêts socio-économiques.

En 1978 dans le Montana une initiative anti-nucléaire a eu un franc succès (65 % des suffrages) avec des moyens financiers dérisoires (10 000 dollars, contre 2,6 millions pour les opposants !) Dans la campagne il a été dénoncé le fait que beaucoup d’argent ne venait pas du Montana, et que l’industrie du nucléaire en a fourni la majeure partie). Idem en Oregon en 1980. Et dans le récent référendum suisse sur l’interdiction des rémunérations abusives des patrons, les citoyens ont approuvé cette mesure à près de 68 % alors que le patronat avait dépensé un million de FS pour les convaincre de la rejeter !

Les grands groupes sont hostiles à la démocratie directe, car le lobbying est d’autant plus efficace que le système est moins démocratique. Donc plus facile au niveau de l’UE qu’au niveau national, et plus efficace puisque les directives européennes s’imposent aux Etats membres…

Le problème de l’argent qui finance les campagnes médiatiques et vise à manipuler les électeurs n’est pas propre à la démocratie directe, c’est le problème de la démocratie elle-même, et il est d’autant plus aigu que beaucoup de médias sont privatisés… Il faut donc trouver un juste milieu entre la liberté de la presse et le droit à l’information, et cela pourrait passer par des radios et télévisions publiques qui joueraient vraiment leur rôle d’information des citoyens. Une autre solution consisterait à plafonner les dépenses de campagne (électorale ou référendaire).


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