Pulvériser les principaux arguments anti-RIC

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Objection n°8 : Le RIC entraînerait surcharge et lassitude pour voter

En Suisse, le taux de participation lors des élections se maintient depuis des décennies autour de 40 %, et 50 % lors des RIC. Ce sont des taux inférieurs à ceux des élections parlementaires en Allemagne (80 %) ou des présidentielles en France (70 à 80 %) que certains interprètent comme une « fatigue » due à des votations trop nombreuses. Cependant, toutes les études montrent que la grande majorité de ceux qui ne votent pas restent partisans de la démocratie directe, et que la principale raison de leur non-participation n’est pas liée à leur niveau de vie ou d’éducation, mais au fait qu’ils pensent ne pas avoir une connaissance suffisante de la question posée. A l’inverse, on peut comprendre la forte participation aux élections parlementaires comme l’expression d’une frustration : quand on n’a son mot à dire que tous les 4 ou 5 ans, on le fait avec empressement !

Une faible participation à des votes référendaires ne pose aucun problème si on se réfère au principe du mandat : ceux qui ne votent pas mandatent implicitement les votants pour prendre la décision à leur place. Il en va de même lorsqu’on choisit un député, qui fait les lois à notre place et en notre nom, sauf que le mandat a dans ce cas une portée beaucoup plus vaste puisqu’il s’étend à TOUTES les lois qui seront votées pendant les 4 ou 5 prochaines années, et non à une seule comme dans le cas d’un référendum !

Les citoyens sont seuls juges de leur compétence à prendre part à telle ou telle décision, c’est pourquoi il faut rejeter le vote obligatoire qui les priverait de cette liberté.
S’il fallait évaluer la légitimité d’un vote au nombre de participants, l’exemple suivant mérite réflexion : il y a eu 40 % de participation aux élections de députés européens en 2004, et 70 % au référendum qui a rejeté le Traité Constitutionnel Européen en 2005…

Pour terminer, signalons qu’aux référendums italiens (abrogatifs) de juin 2011 (où des quorums participatifs de 50 % étaient imposés), les Italiens se sont mobilisés à 55 % et ont rejeté à 95 % des suffrages exprimés la privatisation de l’eau, le retour à l’énergie nucléaire ainsi que l’immunité de Silvio Berlusconi…


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